Cela commença de façon anodine : une randonnée matinale dans la jungle près de Tanah Rata, à trois, de la meilleure humeur. Depuis la tour d’observation, nous suivîmes ce qui nous semblait être le bon sentier, puis nous trompâmes de direction à un panneau renversé.
Plus nous avancions, plus le chemin devenait étroit et glissant. Bientôt nous escaladions des racines d’arbres dans une boue qui montait jusqu’aux chevilles. L’après-midi, quand le jour commença à tomber vers cinq heures et demie, l’inquiétude nous gagna. Dans ma tête surgirent des tigres de Malaisie, des pythons, des varans, tout ce qu’une telle forêt tropicale peut offrir.
Puis me revint le vieux principe de tous les livres d’aventures : suivre l’eau vers l’aval. Nous entendîmes un ruisseau, le suivîmes, et en effet il finit par nous mener sur une route et à ramener à la civilisation.
À l’hôtel, le gérant remarqua d’un ton pince-sans-rire qu’il aurait lancé une équipe de recherche à partir de 20 heures si nous n’avions pas reparu. Les jours suivants, nous préférâmes explorer les Cameron Highlands tranquillement en voiture, et visitâmes les splendides plantations de thé. Sans le moindre tigre.


